Sauver des vies en mer

Carte interactive, infographies et données sur les opérations de MSF pour les activités de recherche et sauvetage en Méditerranée

Continuez

Pourquoi sommes-nous engagés dans des opérations de recherche et sauvetage en mer?

Au cours de l’année 2016, au moins 12 personnes mourraient chaque jour en tentant de traverser la Méditerranée. En tant qu’organisation médicale humanitaire, rester à observer sans rien faire nous est impossible quand des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se noient quotidiennement. Nous avons démarré nos activités de recherche et sauvetage en mer lorsque les opérations italiennes de secours en mer appelées « Mare Nostrum » ont été abandonnées. Tant que les gouvernements européens ne proposeront pas d’alternatives de passage sûres et légales pour atteindre l’Europe, des milliers de personnes n’auront d’autre choix que de risquer leur vie en mer.

Comment intervenons-nous en mer Méditerranée?

Pour la troisième année consécutive, nous menons des opérations de recherche et sauvetage et assurons une assistance médicale en Méditerranée centrale. Nous travaillons actuellement sur deux bateaux, le Prudence et l’Aquarius, chacun disposant d’une équipe médicale (composée de médecins, d’infirmiers et de sages-femmes), d’une équipe logistique et d’une équipe de médiateurs culturels pour aider à communiquer avec les rescapés et identifier parmi eux les personnes les plus vulnérables.

Où se déroulent les opérations de recherche et sauvetage?

Les bateaux depuis lesquels les équipes MSF interviennent naviguent dans les eaux internationales, à environ 32 kilomètres de la côte libyenne, d’où provient la majorité des appels de détresse. MSF n’entre qu’occasionnellement dans les eaux territoriales libyennes (à moins de 22 kilomètres des côtes) que si cela est explicitement demandé et autorisé par le Centre de Coordination de Sauvetage Maritime (MRCC) basé à Rome ou si un bateau est identifié en situation de détresse et que nous disposons de toutes les autorisations. De fait, pénétrer dans les eaux territoriale afin de secourir un bateau en difficulté fait partie des obligations légales pour chaque capitaine, afin de porter assistance aux personnes en situation de détresse.

A qui portons-nous assistance en mer?

Tout le monde. Qu’ils soient enfants ou adultes, hommes ou femmes, les personnes secourues sont toutes en situation de grande vulnérabilité. Les rescapés qui entreprennent ce trajet dangereux viennent du monde entier : Bangladesh, Erythrée, Ghana, Maroc, Nigeria, Pakistan, Soudan, Syrie et beaucoup d’autres pays encore. La seule chose qu’ils ont tous en commun est d’avoir enduré des conditions extrêmement difficiles au cours de leur traversée. La plupart nous raconte comment ils ont été exploités et quel a été le niveau de violence qu’ils ont subi en Libye perpétré par les forces de sécurité, des milices, des réseaux de passeurs, des gangs criminels et des individus isolés. Ces récits sont alarmants.

Que soignons-nous?

Nos soins médicaux

Aussitôt après avoir rapatrié à bord les personnes secourues, notre équipe médicale effectue un premier triage afin d’identifier les personnes en condition critique. Ces personnes-ci sont soignées dans l’unité d’urgence installée à bord. Une fois le patient stabilisé, s’il nécessite un niveau supérieur de prise en charge, une évacuation médicale, coordonnée par le Centre de Coordination de Sauvetage Maritime (MRCC), est possible par hélicoptère ou hors-bord. Les cas moins urgents sont vus en consultation en ambulatoire. Infections respiratoires, maladies de peau, maux en général, sont les principales pathologies rencontrés par les médecins de bord. Ils traitent également des brûlures causées par les expositions prolongées aux carburants et à l’eau salée à bord d’embarcations bondées. Les femmes, en particulier celles enceintes, reçoivent une attention particulière, une sage-femme étant à bord. Les sages-femmes MSF ont d’ailleurs assisté l’accouchement à bord de nombreux bébés.

Que soignons-nous?

Nos soins psychologiques

Le premier soutien psychologique est dispensé par des médiateurs culturels formés, le suivi avec une prise en charge plus spécifique en termes de santé mentale est possible à bord ou une fois à terre. Au cours de ces consultations, nos équipes ont recueilli des témoignages terribles. Beaucoup de rescapés ont été victimes de torture ou d’autres formes de maltraitance. Une partie importante de nos patients, homme ou femme, ont aussi été victimes d’abus sexuels.

Comment sont menées les opérations de recherche et sauvetage?

Toutes nos opérations de sauvetage se déroulent en coordination avec le Centre de Coordination de Sauvetage Maritime (MRCC) basé à Rome, et chacune d’elles s’effectue dans le strict cadre légal du droit international de la mer et des principes humanitaires. A l’aide de jumelles, nos équipes recherchent la présence de bateaux en détresse, ou bien sont alertées de leurs présences directement par le MRCC. C’est le centre de coordination et de sauvetage italien qui définit quand et où MSF doit porter secours, ainsi que le « lieu sûr » où les rescapés doivent être débarqués.

Comment sont financées les opérations de recherche et sauvetage?

En 2016, seulement un peu plus d’un pourcent de nos dépenses était consacré à nos opérations de recherche et sauvetage en mer Méditerranée. Tous nos résultats financiers sont publiés, et audités par des cabinets d’audit externe. Ils sont à disposition en ligne. Depuis juin 2016, MSF n’accepte plus de financements publics de la part de l’Union européenne et de ses Etats membres, en opposition aux politiques préjudiciables à l’encontre des personnes en route pour l’Europe afin de fuir les violences dans leur lieu d’origine. Plus d’informations>> 

Nombre de personnes aidées en mer depuis 2015

71.922
Source: MSF - Données mises à jour le 25/09/2017 -
Le nombre de personnes aidées inclut celles secourues ainsi que celles qui ont été transférées sur un des bateaux MSF depuis une autre embarcation.

Carte interactive de nos opérations de recherche et sauvetage en mer

Les données opérationnelles qui concernent nos opérations de recherche et sauvetage sont consultables sur la carte interactive. La localisation de chacune de nos opérations est indiquée par un point de couleur sur la carte. En cliquant sur le point, des informations détaillées apparaitront, telles que le nom du bateau impliqué, la date, la durée de l’opération, le nombre de personnes secourues, le port de départ et de débarquement, l’itinéraire suivi par le bateau et des observations générales sur l’état de santé des personnes secourues à bord.

PARCOUREZ LA CARTE INTERACTIVE>>

Visualisation - Recherche et sauvetage

Les données opérationnelles sont recensées dans ces graphiques, et comportent les informations suivantes: un aperçu global des personnes secourues et des opérations menées, la façon dont les opérations de sauvetage sont menées, l’implication de chaque navire, et les ports où il a été convenu du débarquement des passagers.

Notes méthodologiques

Le graphique illustre le nombre de personnes secourues par les bateaux de MSF. Sous la coordination du MRCC, MSF procède à deux types d’actions: 1) secourir les personnes à bord de bateaux en détresse; 2) transborder les personnes (transbordement sortant/entrant) d’un bateau à un autre afin d’organiser les secours de manière efficiente. Le nombre de personnes aidées inclut celles secourues en mer ainsi que celles qui ont été transférées sur un des bateaux MSF depuis une autre embarcation.

Notes méthodologiques

Ce graphique montre comment les opérations MSF sont déclenchées. Dans la plupart des cas, le MRCC les initie (ceci inclut celles demandées par les bateaux des gardes côtes et par les navires de l’armée présents dans la zone). L’opération peut aussi être engagée lorsque les bateaux de secours de MSF aperçoivent un bateau en détresse ou que l’information est donnée par un autre navire (ex: le bateau d’une autre ONG). Le nombre de personnes aidées inclut celles secourues ainsi que celles qui ont été transférées sur un des bateaux MSF depuis une autre embarcation.

Notes méthodologiques

Depuis le début de ses activités en 2015, MSF a utilisé cinq bateaux: en 2015 – l’Argos, le Dignity I et le Phoenix; - en 2016 – l’Argos, le Dignity I et l’Aquarius; en 2017 – le Prudence et l’Aquarius. Le graphique montre la contribution de chaque navire aux activités globales des activités de recherche et sauvetage. Le nombre de personnes aidées inclut celles secourues ainsi que celles qui ont été transférées sur un des bateaux MSF depuis une autre embarcation.

Notes méthodologiques

Le graphique recense tous les ports dans lesquels MSF a effectué les débarquements. Les ports sont affichés par ordre décroissant de fréquence des débarquements et du nombre de personnes débarquées. Le point de débarquement est identifié par le MRCC et communiqué aux bateaux MSF.

Notes méthodologiques

Le tableau donne d’autres données opérationnelles notoires. Les opérations incluent les sauvetages ainsi que les transferts vers les bateaux MSF depuis un autre navire. Chacune d’entre elles commence lorsque le navire MSF quitte le port de départ et finit lorsque le bateau arrive au port de débarquement, qui peut être le même que celui de départ ou un autre. Une ou plusieurs opérations peuvent avoir lieu au cours de la même maraude. Dès qu’elle le peut au cours d’une opération de secours, l’équipe médicale de MSF effectue un premier triage afin d’identifier les personnes en condition critique. Dés lors, ces personnes sont soignées dans l’unité d’urgence installée à bord. Une fois le patient stabilisé, s’il nécessite un niveau supérieur de prise en charge, une évacuation médicale est possible par hélicoptère ou hors-bord, sous la coordination du MRCC. Les corps des personnes ayant perdu la vie en mer sont transportés jusqu’au port où ils sont remis aux autorités concernées.

Durée moyenne d'opération:

Durée moyenne du parcours:

Nombre d'opérations menées:

Nombre de débarquements menés:

Nombre d'évacuation médicales:

Nombre de mort:

Bateaux actifs en 2017

Prudence

Le Prudence navigue actuellement sous pavillon italien. Nous l’utilisons depuis mars 2017 et est géré exclusivement par MSF. Il peut transporter jusqu’à 750 personnes avec la possibilité d’en recueillir 400 de plus. 13 employés de MSF sont à bord afin d’y assurer les activités médicales et les sauvetages. Par ailleurs, 17 personnes s’occupent de la navigation et de la maintenance du bateau. VOIR SA POSITION ACTUELLE SUR LA CARTE>>

Aquarius (avec SOS Méditerranée)

L’Aquarius navigue actuellement sous pavillon de Gibraltar. A bord, il y a trois différentes équipes: une qui assure la navigation et la maintenance du bateau, une équipe de sauvetage de SOS Méditerranée et une équipe médicale de MSF. 500 personnes peuvent être recueillies à bord. VOIR SA POSITION ACTUELLE SUR LA CARTE>>

Bateaux actifs en 2015-2016

Argos


Le bateau a été actif de mai 2015 à novembre 2016 sous pavillon luxembourgeois. Le bateau pouvait accueillir de 300 à 500 personnes à bord. L’équipe MSF présente s’y occupait des activités médicales et des missions de sauvetage.

Dignity I 


Le Dignity I a assuré des opérations de sauvetages de 2015 à 2016. L’équipe à bord était composée exclusivement de personnels de MSF. Le navire avait la capacité de recueillir 300 personnes et naviguait sous pavillon du Panama.

Phoenix (with MOAS)


De mai à octobre 2015, le Phoenix, géré par le MOAS, profitait d’une aide médicale de MSF à bord composée de deux docteurs et d’une infirmière. Le bateau naviguait sous pavillon norvégien.